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mardi 28 mai 2013

L'ultime secret de Frida K. de Gregorio Leon



Etrange !
Un polar réellement culturel qui parle des "amours interdites" entre Frida Kahlo, cette peintre mexicaine géniale et.. Trotski !
Et comment le "Parti" voulut exploiter ce faux-pas libertin du "déviationniste " !
Une peinture disparue, faite par Frida pour Trotski, est la pièce maîtresse de cet ouvrage. 
Et autour, la folie mexicaine : Flics fatigués, journalistes plus ou moins honnêtes, mafiosi, justice un peu (?) pourrie,politiques ... et détective privée coincée par ces réalités...
Mais et aussi, une magnifique étude d'une église étonnante et qui "marche" au Mexique : Le culte de : "La Santa Muerte" (la Sainte Mort) dite "Niña Blanca"(petite fille blanche" ou "La Flaca" (la maigre): un squelette revêtu d'une tunique, représentant le doigt vengeur de Dieu...et supposé accorder à chacun de ses fidèles, une amour et une aide inconditionnelles !
Bref, une folie collective dans laquelle on a du mal (enfin moi) à se retrouver. 
Donc, on oublie le polar et on recherche l' Histoire picturale et événementielle et on s'y retrouve et c'est du bonheur !
Je mets 4 étoiles pour l'intérêt littéraire, artistique et historique de cet ouvrage hors norme.




DE GOUGE
Depuis que je sais lire (et ça date) l'écrit est une addiction : romans divers, biographies, livres à thème (par exemple : la pudeur à travers les siècles ou la femme au XIXème...) et l' Histoire. Le livre est sensuel, odorant et une porte ouverte à l'infini ! Lire, c'est ma survie !
critiqueslibres.com

jeudi 9 mai 2013

Le ROMAN du ROMAN ou enfin des réponses à mes lecteurs...et aux curieux... il est temps...



JEU DE DUPES – MARIE DELHESTRE

Pourquoi avoir pris un pseudonyme pour ce livre ?
Pourquoi ce titre ?

Ce sont les deux questions qui viennent aussitôt après avoir refermé Jeu de dupes, et ce sont celles que se sont posé mes lecteurs.
Ce roman est un mille-feuilles. Il a plusieurs niveaux de lecture et plusieurs strates de narration aussi. Il peut être lu par des adolescents ou des lecteurs peu habitués aux jeux littéraires et posent beaucoup de questions (tel a été mon vœu de départ). Il génère un vertige pour mon plus grand plaisir.
Et donc, si on a bien compris les multiples niveaux de lecture de ce roman, les deux questions ci-dessus sont légitimes et elles sont évidemment intimement liées...
Du coup la question qui viendrait tout de suite après serait : « y a-t-il du vécu dans ce livre ? » puisque le narrateur est un écrivain... mais cette question le lecteur est presque gêné de la poser car il doit bien l'admettre, rien n'est possiblement vrai, mais il s'est réellement laissé embarquer dans cette histoire aux frontières du fantastique.


Je vais commencer par la dernière et je terminerai par la première.
La question du vécu est valable pour n'importe quelle œuvre. Dans chaque personnage il y a un peu de l'auteur, car on ne crée pas ex nihilo, on est écrit de toute part, traversé par ce que nous vivons, entendons, lisons... ici cela se vérifie d'autant plus que le narrateur est lui même écrivain. Et donc, il y est question de relations entre un auteur et ses personnages, mais le lecteur se rend vite compte qu'on prend le problème à l'envers dans la mesure où c'est le personnage qui réagit par rapport à son auteur.

Et du coup, notre histoire devient une histoire de domination... (réponse au choix du titre)

Dans ce livre donc, on n'est pas loin de la remise en question de l'image de l'écrivain-dieu-tout-puissant. Le personnage d'Hermann, personnage du personnage, va devoir réagir par rapport à ce que son auteur veut faire de lui. Les tourments auxquels chacun est confronté vont atteindre un paroxysme à la fin, où l'ultime question (quasi psychanalytique) sera celle de « tuer le père » et celle de savoir « qui est le père de l'autre » ou encore « lequel des deux a créé puis « tué » l'autre ? »
Il s'agit bien d'une mise en abîme et d'un récit spéculaire mais surtout d'un moyen de raconter cette toute puissance de l'écriture dans la vie d'un écrivain, lui même créateur et donc porteur d'un pouvoir de vie ou de mort sur ses personnages.
Si je n'avais pas fait du personnage principal un écrivain mais un lecteur lambda par exemple (comme par exemple, Woody Allen dans la Rose pourpre du Caire), j'aurais permis de conserver cette image de l'écrivain-tout-puissant. Mais en choisissant de montrer l'écrivain à l'oeuvre, je l'ai rendu vulnérable. Ce faisant, je désacralisais cette image de « créateur tout puissant ». En montrant mon écrivain, pris dans des questionnements sans fin sur les choix qu'il doit opérer dans la vie de ses personnages, je signale combien il peut être douloureux d'écrire, et comme dans la vie, de faire des choix (et je ne parle pas seulement du choix des mots ici).
J'ai voulu montrer que l'écrivain n'était pas tout puissant (par rapport à ses personnages), mais que l'écriture pouvait aussi dominer sa vie. En tout cas, c'était mon cas. A force de l'idéaliser j'en avais fait une idole, elle était devenue mon « maître », et en refusant de lui accorder toute la place qu'elle méritait, j'allais devoir rendre des comptes pas seulement aux lecteurs qui m'attendaient mais aussi aux personnages... C'est pourquoi tout le monde, auteur, narrateur, personnages et … lecteur s'est retrouvé embarqué dans cette histoire.

Ecrit dans une période de ma vie où l'écriture devenait obsédante mais totalement indépassable -je ne parvenais pas à m'en dégager alors que j'étais aux prises avec des difficultés professionnelles, personnelles, familiales extrêmement douloureuses et compliquées, le roman s'est écrit presque tout seul mais non sans souffrance...

La question que l'on pourra automatiquement me poser alors c'est de savoir si réellement cela m'est déjà arrivé en écrivant.
Je pense sérieusement que si j'avais eu quand j'écris, comme dans ce roman, un personnage qui soit venu me torturer la nuit pour que je le fasse vivre dans la réalité, je me serais retrouvée aux urgences psychiatriques. Non, plus sérieusement, il faut prendre cela au second degré et bien comprendre que ce n'était pas mes personnages qui me torturaient mais bien la question d'écrire ou ne pas écrire.
Cependant, il est certain qu'il arrive que l'on se laisse parfois embarquer par nos personnages, ils nous emmènent parfois là où on ne l'avait pas du tout prévu au départ. Surtout si on a choisi, comme je l'ai fait pour ce livre, une écriture à processus, c'est à dire sans plan défini à l'avance. Ce qui est très dangereux surtout pour la structure complexe que j'ai mis en place. C'est d'ailleurs ainsi que j'ai introduit une histoire d'amour, Herman devenait pour son auteur de plus en plus exigeant...

Enfin pour répondre à la première question donc qui intéresse apparemment beaucoup de lecteurs. Le choix du pseudonyme a été guidé par plusieurs raisons :
-L'anonymat étant la première raison du choix d'un pseudonyme, il ne se légitime ici que par le fait qu'il est intimement lié à l'intrigue même, il faut lire le livre pour le comprendre,
-ensuite, parce que j'avais déjà publié sous ce pseudonyme, au Seuil, dans Actes de Recherches en Sciences sociales (revue du Cairn) et que je pensais ainsi m'inscrire dans la durée sous ce nom.

Ce choix de l'anonymat n'a pas pu être tenu pour les raisons que j'ai du assumer seule la promotion de mon livre et ça devenait caduque par là même.
Ayant repris mes droits chez Kirographaires, ce roman cherche bien évidemment un nouvel éditeur...
Le lecteur malicieux y verra ainsi un dernier retournement à cette histoire incroyable, puisque finalement il y sera question de la « mort » de Marie Delhestre (nom d'auteur fictif) et que dès à présent et pour les deux publications à paraître cette année (un roman jeunesse et un récit poétique ayant trouvé tous deux un éditeur) je vous annonce que je reprendrais mon véritable nom, celui sous lequel les lecteurs de ma poésie entre autres m'ont connue.


En attendant, et pour ceux qui n'auront pas eu l'occasion de lire Jeu de dupes et seraient intéressés, il reste quelques exemplaires que je tiens à leur disposition (me contacter en mp).

Dans ce monde régi par des puissants.... l’Éditeur aura-t-il le dernier mot, aura-t-il la toute puissance de faire revivre tout ce petit monde ?
L'avenir nous le dira !

Marie-Josée DESVIGNES

jeudi 2 mai 2013

Le dernier recueil de Marilyse Leroux aux Editions Rhubarbe


Marilyse Leroux-Le temps d'ici – Editions Rhubarbe – mars 2013

Marilyse Leroux est une poète ailée et zélée. Sa poésie nous entraîne, nous envole « tu entres au cœur de l'espace comme dans un nid où tu poserais tes ailes ». L'ouverture du recueil en témoigne.
Légère, elle est, légère elle nous veut. Au monde que l'on sait difficile, elle en substitue un autre que l'on peut découvrir nous dit-elle « habitable ». Ce monde qui n'est autre que celui de la poésie, on peut le faire sien, si on sait regarder. Marilyse nous invite ainsi à ouvrir les yeux sur ce monde vaporeux et fluide où se mêlent au bleu du ciel et de la mer, les couleurs du temps.
Elle n'hésite pas pour cela à convoquer le ciel, les oiseaux et les arbres, leurs rires clairs, leur langage vivant . « Le ciel s'amuse », « les arbres rieurs », nous donnent à voir ce qu'elle ressent, nous unissent à son souffle, nous entraînent, « pour que le poids de nos ombres sur la terre soit la balance du monde ».
Marilyse est dans sa poésie comme elle est dans la vie, ouverte à l'autre, disponible, sensible, en partage d'amitié et de poésie. Elle « ouvre une brèche dans l'épaisseur du monde ». Elle nous dit la joie, « le ciel en nous », « le silence [qui] coule bleu », le ciel et la mer réunis dans ce bleu qui court au fil des pages. De bleu du ciel à celui des iris de Van Gogh, sa poésie est faite d'air et de lumière, « échappée de bleu », lumière dans les arbres et elle nous le redit pour nous en convaincre s'il le fallait : « nous sommes de ce pays d'ici aux terres bleues dévorantes », « nos chemins sont nos racines », « nos pas herbes vivantes ». Ce temps est le nôtre, autant l'habiter et l'habiter en poète c'est encore mieux.
Elle convoque hier pour mieux nous rappeler « tout le poids du présent », elle convoque l'amour universel et sans âge, pour nous dire que ce temps d'ici n'est pas, il est « une montée vers la lumière », une échappée lumineuse. « Nous sommes si semblables à la mer » Ce que nous sommes ? « une part de l'infiniment bleu ».
L'infini des paysages, les couleurs et la plénitude de la mer, « la pierre [qui] s'effrite sous nos pieds impatients » sont autant d'éléments sages donnant la main au « temps [qui] nous regarde passer fous à lier dans nos cordes de vent »
Marilyse construit ou plutôt reconstruit pour nous les couleurs d'un temps immobile, peut-être celui de l'enfance. Sa parole rassure : « ne pleure pas le ciel qui s'enfuit trop vite... »... « nos pas seront des gués par où s'en iront des pieds d'enfants »

Marie-Josée DESVIGNES

samedi 30 mars 2013

Dark Horse de Craig Johnson

Johnson ne retrouve pas l'inspiration de ses débuts


Le comté du sheriff Longmire étant tranquille entre deux romans, les cellules du poste de police sont souvent louées aux comtés voisins qui ont plus de délinquance. C’est ainsi qu’une jolie blonde championne de rodéo accusée d’avoir assassiné son mari arrive au poste. La femme dans un état second a déjà avouée mais un petit quelque chose fait dire à notre sheriff qu’elle est innocente. Avec l’accord des autorités du comté voisin il mène l’enquête sous couverture dans la petite ville d’Absalom. Comme à son habitude il se fera quelques amis et quelques ennemis et à la fin il gagne quelques bleus et une fracture mais touchera à son but.

La thématique du jour, car avec Craig Johnson il y a toujours une thématique, c’est le cheval. C’était facile elle était dans le titre. Pas deux pages sans caresser, monter, voir venir, se remémorer ou discuter cheval. On retrouve également la réutilisation de procédés venant des romans précédents : l’innocent que tout accuse enfermé dans sa cellule ainsi que l’usage du flashback comme dans « enfants de poussière » qui permet ici de rester en contact avec les acolytes de Walt Longmire. Acolytes, malgré tout, très absents de cet opus même le grand Cheyenne à un rôle de figurant. Le seul personnage qui l’accompagne depuis son comté c’est Le Chien. On a le droit à quelques beaux moments de fraternités, à de belles promenades à cheval et quelques moments d’adrénalines mais moins réussis que dans les deux premiers romans qui restent de loin les meilleurs, « Little Bird » et « Le camp des morts ». C’était pourtant l’occasion d’aller trainer dans le monde du rodéo et du métier de cow boy. Dommage le livre aurait sans doute gagné en souffle.